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Quel délai faudra-t-il pour que l’AC Ajaccio puisse espérer effacer l’humiliation du dernier derby corse, perdu 4-0 en janvier dernier contre Bastia ? Ce n’est pas pour demain, car le club emblématique de la préfecture de Corse du Sud a officiellement confirmé sa relégation en Ligue 2 en ne soumettant pas de dossier au CNOSF, sa dernière chance d’échapper à une sanction prononcée en décembre dernier et validée en juillet. Ainsi, les Orsi di Timizzolo quittent un univers professionnel auquel ils étaient attachés depuis 27 ans.
Fin de la Ligue 2 et du statut professionnel ?
Dans un message succinct sur X, le club a annoncé qu’il renonçait à faire appel devant le CNOSF, signifiant ainsi son abandon de la Ligue 2, quelques heures avant la date limite. « Pas en mesure » de saisir l’instance – des mots révélateurs d’une impasse –, les dirigeants « s’emploient à établir un budget pour évoluer en National 1 afin de maintenir le statut professionnel », selon cette même communication. Cela indique que le National n’est pas encore acquis et que le chemin reste semé d’embûches pour les Blancs et Rouges. Malgré une façade optimiste et une assurance affichée lors de l’annonce de la relégation – « l’argent sera sur le compte, nous aurons la garantie bancaire et nous espérons être entendus » –, le président Alain Orsoni n’a pas réussi à renflouer les caisses d’un club endetté à hauteur de 13 millions d’euros. Avec un tel déficit, le club se tourne donc vers le National, qui, avec sa future transformation en Ligue 3, semble déjà trop ambitieux et coûteux.
Le club n’est pas en mesure de saisir le CNOSF dont le délai expirait ce jour à 17h00. Les dirigeants s’attellent à présenter un budget pour évoluer en National 1 afin de préserver le statut professionnel.
— AC Ajaccio (@ACAjaccio) 6 août 2025
La promesse d’une reprise de capital s’évanouit de jour en jour, alors qu’une première tentative de rachat avait échoué en début d’année. De plus, la rencontre de la première journée de National prévue le vendredi 8 août entre l’ACA et Bourg-en-Bresse a été reportée, sans certitude quant à sa tenue future. Le spectre d’un dépôt de bilan et d’un retour en National 3 est plus présent que jamais, et l’avenir s’écrit pour l’instant en pointillés à Ajaccio. Tout dépendra des garanties financières que le club pourra fournir, avec des rumeurs de faux documents de garantie bancaire déposés devant la DNCG. Tout cela se fera sans Arnau Baque Roig, l’avocat espagnol censé reprendre le club, qui n’a pas convaincu et contre lequel le club a même déposé plainte, mais peut-être avec l’ancien sénateur Dominique Bailly, potentiel repreneur qui travaillait la semaine dernière « à la mission sauvetage de l’ACA », selon Alain Orsoni dans des propos rapportés par Corse-Matin.
Un directeur sportif sous le feu des critiques
La situation est d’autant plus tendue que les dirigeants de l’ACA ont été largement pointés du doigt pour la dette de 13 millions d’euros par Romain Molina, un journaliste indépendant qui a réalisé plusieurs vidéos critiques. Il dépeint les coulisses du club et a remis en question la gestion financière des dirigeants corses, ainsi que des avantages salariaux ou des commissions sur des transferts présumés.
Johan Cavalli, le directeur sportif de l’AC Ajaccio, perçoit le plus gros salaire du club en Ligue 2, avec des commissions sur les ventes de joueurs, diverses primes et un parachute doré de 384 000 euros en cas de départ suite à une revente. La situation est très, très favorable en Corse pour les… pic.twitter.com/lMkeHuKnax
— Romain Molina (@Romain_Molina) 3 août 2025
Parmi les personnes visées, Johan Cavalli, directeur sportif et détenteur du record de matchs joués sous le maillot ajaccien. Mis en cause, il a tenu à répondre lors d’une conférence de presse le 4 août pour « parler à cœur ouvert et se défendre des attaques personnelles ». Sans le nommer, mais de manière évidente, il visait Molina, précisant les raisons de certaines clauses de son contrat et indiquant qu’il avait porté plainte pour diffamation, tout en affirmant qu’il n’avait reçu aucune commission sur les récentes ventes du club, en raison des difficultés financières de ce dernier.
Actuellement, l’urgence de trouver des financements solides dépasse largement la nécessité de désigner des coupables, sous peine de voir un centre de formation de grande qualité et un club historique du football français sombrer à nouveau. Ce destin corse a déjà touché plusieurs figures du football insulaire ces dernières années, notamment le SA Bastia, le CA Bastia et le Gazélec Ajaccio. Au moins, l’ACA a l’avantage d’avoir déjà connu les affres d’une rétrogradation dans les bas-fonds du football français. C’était en 1972, et le club avait mis près de 20 ans à se relever, avec un slogan qui pourrait bien résonner à nouveau dans quelques années : « Da l’Infernu à u Paradisu ».
L’AC Ajaccio fait ses adieux à la Ligue 2
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