La séparation entre Anthony Lopes et l’Olympique Lyonnais ne ressemble pas à une belle histoire à raconter aux enfants pour illustrer la magie de l’amour. Comme souvent dans le monde du football, les récits enchanteurs se terminent parfois de manière amère, et celui du gardien lyonnais de 34 ans ne fait pas exception. Après avoir été mis sur la touche pendant six mois, l’emblématique portier portugais a décidé de rejoindre le FC Nantes, un transfert qu’il avait déjà envisagé l’été précédent. Champion d’Europe en 2016, Lopes a signé un contrat de six mois avec une option de prolongation jusqu’en 2027, sur les rives de l’Erdre. Sa fin avec Lyon est donc teintée de regrets, notamment après ses révélations dans les colonnes de L’Équipe en octobre dernier. Malgré cette conclusion décevante, son dernier match avec les couleurs rouge et bleu s’est déroulé au Groupama Stadium en mai dernier, lors de la dernière journée d’une saison tumultueuse, marquée par une qualification surprise en Ligue Europa.
Une carrière marquée par l’émotion
Lors de son dernier match à domicile, Lopes a été chaleureusement applaudi par le public de Décines-Charpieu, mais il a peiné à retenir ses larmes. Ce n’était pas seulement en raison de la fin de son aventure à Lyon, mais aussi parce qu’il venait de vivre une saison mémorable. Ces moments empreints d’émotion sont ceux que l’on retiendra de l’incroyable parcours d’Anthony Lopes à l’OL, où il a consacré 24 années de sa vie et porté le maillot à 489 reprises, devenant ainsi le cinquième joueur le plus capé de l’histoire du club. Son histoire a débuté à Tola Vologe, avant de se poursuivre chez les professionnels à Gerland, puis au Groupama Stadium. De son premier match officiel, un huitième de finale de Coupe de la Ligue perdu à Nice (3-1), à son dernier en tant que gardien, Lopes a été l’un des visages emblématiques de l’OL à l’ère post-titres.
Il lui manque probablement un titre, car il a évolué à une époque où l’OL devait se reconstruire et miser sur ses jeunes talents. Et il en a également profité.
Son style acrobatique et félin, ses interventions audacieuses et son caractère fougueux ont rythmé les week-ends des supporters lyonnais pendant plus d’une décennie. À peine deux matchs disputés chez les pros, il avait déjà affiché son tempérament dans un portrait sur le site du club en 2012 : « Dans le jeu, je me transforme… Je triple ou quadruple mon agressivité. » Gilles Rousset, son entraîneur des gardiens à l’époque, avait décrit Lopes comme un jeune « prometteur », doté d’un « potentiel » indéniable, ajoutant : « Il possède de nombreuses qualités, notamment son explosivité… C’est un compétiteur, un joueur qui ne subit pas et qui est enthousiaste. Il a persévéré et beaucoup travaillé. »
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— Olympique Lyonnais (@OL) April 15, 2024
« Ça correspond bien à ce qu’il est et ce qu’il a fait pendant douze ans », s’enthousiasme aujourd’hui Rousset. Enfant du virage nord de Gerland, Lopes n’a jamais caché son statut de joueur supporter, au point de verser des larmes lors de sa première crise sportive après l’Euro 2016 et une défaite à domicile contre Bordeaux. Il a toujours été transparent avec le maillot de l’OL. Il y a un an, alors que Lyon luttait dans les profondeurs du classement, il était régulièrement envoyé en zone mixte après chaque défaite. « Il lui manque probablement un titre, car il a évolué à une époque où l’OL devait se reconstruire et miser sur ses jeunes. Et il en a également profité », analyse Rousset.
Bien qu’il ait toujours bénéficié du soutien indéfectible des ultras, notamment des Bad Gones, Lopes n’a pas toujours été unanimement apprécié au sein de la communauté lyonnaise, contrairement à des figures comme Alexandre Lacazette. Considéré par certains comme calculateur et critiqué pour son profil atypique (petit, jeu au pied limité) qui ne correspond plus aux standards modernes, le Portugais, dont un retour à Lyon après sa carrière ne semble pas exclu, a néanmoins laissé une empreinte indélébile dans son club de cœur. Pas mal pour un joueur qui espérait simplement « croquer » quelques matchs en Coupe d’Europe il y a douze ans.
Mercato : Anthony Lopes signe à Nantes
Propos de G. Rousset recueillis par LT.

