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Il aurait pu se retrouver à Murcie, jouant pour ElPozo, un club sponsorisé par une entreprise de charcuterie dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard d’euros. Fin décembre, il aurait été sur le terrain pour un match décisif contre le FC Barcelone dans le cadre de la Liga Nacional de Fútbol Sala, la première division espagnole de futsal. Il n’aurait pas eu d’intérêt pour Crystal Palace, n’aurait pas su où se situait Breidavik, encore moins Jagiellonia Białystok, n’aurait pas été en tête de la Ligue Europa, ni aurait joué un rôle clé en Ligue 1. Samir El Mourabet ne connaît pas cette réalité alternative. Il a fait le choix du football à 11, et il a opté pour Strasbourg, sa ville natale.
Samir, une étoile montante au sein des grands
Dans une équipe renforcée par un investissement de plus de 125 millions d’euros cet été, un jeune de 20 ans s’impose au milieu de terrain. Samir El Mourabet a participé à tous les matchs de Ligue 1 cette saison, évoluant aux côtés de joueurs sud-américains, anglais et belges. Originaire de la Cité de l’Ill, au nord de Strasbourg, il est devenu le chouchou de Diego Moreira, un des leaders du vestiaire. Son entraîneur, Liam Rosenior, ne tarit pas d’éloges sur son pied gauche. « Peu importe son prix, » déclare-t-il au Républicain lorrain. L’Anglais se remémore la première fois qu’il l’a observé avec l’équipe réserve, évoquant son « sens du jeu » et son « placement ». Ses formateurs partagent cet avis, affirmant que Rosenior est le mentor idéal pour son développement. En mai 2024, il a signé son premier contrat professionnel. Il aurait pu être transféré à Aubagne, en National, où il aurait joué en tant que numéro 10. « C’est un jeune qui laisse une forte impression. Son toucher de balle est exceptionnel, et son pied gauche est magnifique, » décrit Patrice Feys, conseiller technique de la Ligue du Grand Est.
🗣️ Samir El Mourabet (20 ans) après son premier but en pro, qui a offert la victoire à Strasbourg contre Crystal Palace (2-1) : “Ça restera gravé à vie.” pic.twitter.com/iIXsKIbTkg
— SO FOOT (@sofoot) 28 novembre 2025
Pour s’imposer dans la nouvelle ère de Strasbourg sous BlueCo, Samir El Mourabet a dû surmonter de nombreux défis. Formé au Racing, il n’a pas réussi à franchir le cap des U14. « Il avait tendance à se concentrer sur l’attaque, ce qui l’a pénalisé sur le plan défensif, » explique Patrice Feys, qui l’a orienté vers le futsal. Samir jouait déjà avec ses amis le week-end. D’autres entraîneurs, comme Djamel Ferdjani, aujourd’hui à Sarreguemines, privilégiaient un parcours en football à 11, en attendant qu’il développe sa confiance et son « explosivité ». En 2020, il s’entraînait avec Ferdjani aux Pierrots Vauban, un club formateur reconnu dans la région strasbourgeoise.
Après avoir joué au futsal dans des salles surchauffées, tu es prêt à tout affronter.
Il finit par s’envoler vers Lyon, où, sous la direction de Raphaël Raynaud, l’actuel sélectionneur de l’équipe de France, la FFF cherche à promouvoir le futsal. Loin de sa famille, Samir El Mourabet se rend quotidiennement dans les gymnases. C’est sur ces parquets qu’il a continué à affiner sa créativité technique, touchant plus de ballons que sur un grand terrain, tout en apprenant la valeur de l’effort. « Le droit à l’erreur est plus élevé en futsal, » ajoute Patrice Feys. « Quand tu as joué dans des salles surchauffées, tu es prêt à tout. » Aujourd’hui, les jeunes footballeurs du Racing s’entraînent au futsal au moins une fois par semaine.
Le parcours de Mourabet
Concernant son potentiel dans les gymnases, l’unanimité est de mise. « Il se démarquait clairement. Il a intégré le pôle avec une technique supérieure. C’était le seul à être surclassé, le premier de notre génération à être sélectionné en équipe de France, » souligne Mamady Kouyate, un de ses amis à Lyon, aujourd’hui joueur au Cuatro Futsal dans les Yvelines. « L’équipe de France a joué à Metz la semaine dernière, il aurait pu faire partie du groupe, » affirme Patrice Feys. Cependant, un détail persiste, comme le raconte un ancien coéquipier : « La priorité de Samir a toujours été le football à 11. Heureusement, en le voyant jouer, je remarque qu’il conserve des réflexes de futsal. »
Ses passes discrètes, sa rapidité d’analyse et son toucher de balle délicat font partie de son arsenal. « Sur son premier but contre Crystal Palace, on le voit réaliser une feinte typique des ailiers de futsal, » illustre Patrice Feys. Pour son deuxième but, Samir El Mourabet se montre opportuniste sur un coup franc mal dégagé. Il marque ainsi son premier but professionnel, affichant un large sourire, semblable à celui qu’il avait partagé avec son ami Abdoul Ouattara après la victoire contre Metz, début août. « Samir se distingue des profils défensifs du Racing, souvent associés aux valeurs d’abnégation alsaciennes, » précise-t-on. À seulement 20 ans, l’international marocain des jeunes a encore beaucoup à prouver. « Il a une fraîcheur et une envie de jouer qui se font rares aujourd’hui chez les U17 ou U19. Samir n’est pas usé par le football professionnel. Il arrive avec un bagage d’expérience qui lui a beaucoup appris, » confirme Patrice Feys. Djamel Ferdjani va même plus loin : « Samir est un atout essentiel pour le Racing et pour BlueCo. D’une part, il prouve que le centre de formation peut produire des talents. D’autre part, il valide la filière alsacienne. Et ce n’est que le début de son parcours. »
Liam Rosenior sermonne ses joueurs avant les fêtes
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