⇐ Découvrez les sélections classées de 30 à 21 ici
20/ Égypte 1957-1959
Février 1957. Dans le cadre prestigieux du Grand Hôtel de Khartoum, au Soudan, quatre nations africaines membres de la FIFA se réunissent pour fonder la Confédération africaine de football (CAF). Cette initiative, portée par l’Égypte, le Soudan, l’Éthiopie et l’Afrique du Sud, marque la première action collective du continent, six ans avant la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Pour célébrer cet événement, la première Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est organisée peu après, bien que l’Afrique du Sud soit exclue à la dernière minute en raison de l’apartheid. À cette époque, l’Égypte, sous la direction de Nasser, se positionne comme un symbole de la lutte contre le colonialisme. L’équipe, menée par le buteur Ad-Diba, incarne cette émancipation à travers le football : lors de la finale de cette première édition de la CAN, l’attaquant égyptien inscrit un quadruplé, permettant aux Pharaons de s’imposer face à l’Éthiopie. Ad-Diba est d’ailleurs un favori du président égyptien, qui le reçoit à plusieurs reprises. Deux ans plus tard, bien que l’équipe subisse de nombreux changements, elle conserve son titre sous les couleurs de la République arabe unie (unissant Égyptiens et Syriens de 1958 à 1961), dirigée par Mahmoud Al-Gohary, affirmant ainsi sa position de leader du football africain. CMF
19/ Sénégal 2022
Les finales ne sont pas toujours synonymes de grands matchs de football, mais certaines se distinguent par leur intensité dramatique. La finale de la CAN 2021, décalée à 2022, en est un parfait exemple. Elle mettait en scène deux coéquipiers de Liverpool, l’Égyptien Mohamed Salah et le Sénégalais Sadio Mané, sans conteste les deux meilleurs joueurs du continent, voire du monde. Tous deux aspiraient à remporter le titre avec leur équipe nationale. Après 120 minutes de jeu, le score demeurait vierge, entraînant une séance de tirs au but. Bouna Sarr, pour le Sénégal, rate le troisième penalty, tandis que Mohamed Abdelmonem et Mohanad Lasheen échouent pour l’Égypte. Le titre est alors à portée de Sadio, qui, avec calme et précision, place le ballon dans le petit filet gauche, offrant ainsi la victoire à son pays. Après avoir échoué en finales en 2002 et 2019, les Lions de la Teranga décrochent enfin leur première couronne continentale, au détriment des recordmen de la compétition. Salah, quant à lui, attend toujours son premier titre à la CAN. En un moment symbolique, Sadio Mané vient réconforter son coéquipier, illustrant ainsi la grandeur de leur rivalité. JE
18/ Guinée 1976
La Guinée 1976 est l’histoire d’une équipe qui frôle la victoire… mais qui repart les mains vides. Un scénario cruel, typiquement africain. À cette époque, la CAN se déroule dans un format particulier : une phase finale à quatre équipes, sans finale ni tirs au but. Seuls des matchs déterminent le vainqueur. Malheureusement pour le Syli National, cette génération est solide, confiante et bien préparée. Le pays, sous la direction de Sékou Touré, mise sur le football comme vitrine politique, et l’équipe est sérieusement entraînée. Le leader, Chérif Souleymane, Ballon d’or africain 1972, est un milieu élégant et respecté sur le continent. Entouré d’une équipe disciplinée, ils ne se rendent pas en Éthiopie pour faire du tourisme. Dans la phase finale, la Guinée remporte son match contre l’Égypte, fait match nul contre le Nigeria, et se retrouve face au Maroc. Les Guinéens mènent le match et semblent sur le point de décrocher le titre… avant de se faire égaliser dans les dernières minutes. Le Maroc est couronné champion, laissant la Guinée à la deuxième place. L’histoire retient surtout ceux qui soulèvent le trophée. La Guinée 1976, c’est une génération sans titre mais avec une vraie identité. Une équipe qui a dominé son tournoi sans atteindre le sommet. Pas de photo avec la coupe, mais un statut durable : celui d’un éternel prétendant. Et parfois, cela marque autant qu’un titre… ou pas ? MH
17/ Afrique du Sud 1996-2000
L’Afrique du Sud, entre 1996 et 2000, a connu une période de renaissance footballistique. Après la fin de l’apartheid, le pays a accueilli la CAN 1996, marquant un tournant historique. Les Bafana Bafana, sous la houlette de l’entraîneur Clive Barker, ont remporté leur première CAN, galvanisant une nation en quête d’unité. En finale, ils ont battu la Tunisie, offrant une victoire symbolique et un moment de fierté nationale. Ce succès a ouvert la voie à une nouvelle ère pour le football sud-africain, avec des joueurs comme Benni McCarthy et Lucas Radebe qui sont devenus des icônes. Cependant, les années suivantes ont été plus difficiles, avec des performances en dents de scie lors des compétitions internationales. Malgré cela, l’Afrique du Sud a su se réinventer et continuer à jouer un rôle clé dans le développement du football africain. AB
« « « html
Lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 1996, Mark Williams, à peine entré sur le terrain, a marqué deux buts décisifs entre la 72e et la 74e minute, scellant ainsi le sort de la Tunisie. Ce moment marquant est emblématique de la carrière du joueur sud-africain, qui a évolué dans 16 clubs à travers 4 continents en 15 ans. L’Afrique du Sud, qui accueillait le tournoi pour la première fois après la fin de l’apartheid, a su tirer parti de cette opportunité pour briller, tout juste quatre ans après le retour de la nation sur la scène internationale, et quelques mois après le triomphe de l’équipe de rugby dirigée par François Pienaar. Cette génération dorée des Bafana Bafana a su rendre hommage à Nelson Mandela. Lucas Rabede, qui deviendra le capitaine de Leeds et atteindra les demi-finales de la Ligue des champions en 2001, est considéré comme le meilleur défenseur de l’histoire du pays. Le milieu offensif Josh Moshoeu a connu le succès avec Fenerbahçe et Bursaspor, tandis que Shaun Bartlett et Phil Masinga se sont classés parmi les cinq meilleurs buteurs de l’équipe nationale. Deux ans plus tard, le jeune Benni McCarthy, qui remportera la Ligue des champions avec Porto, a marqué 7 buts lors de sa première CAN, menant son équipe en finale, bien que celle-ci se soit soldée par une défaite contre l’Égypte. L’Afrique du Sud a également fait ses débuts en Coupe du Monde en 1998 et a atteint le podium lors de la CAN 2000. Ainsi, l’Afrique du Sud des années 90 ne se résume pas à l’image de Pierre Issa.
16/ Le Cameroun en 2000
À l’aube de l’an 2000, le Cameroun est sur une lancée victorieuse, remportant sa première CAN cette année-là, un moment que Samuel Eto’o décrit comme son « plus beau souvenir ». Cependant, l’histoire la plus marquante des Lions Indomptables se déroule lors des Jeux Olympiques de Sydney en septembre 2000. En quart de finale, ils affrontent le Brésil, une équipe composée de stars comme Ronaldinho et Lúcio. Avant le match, une offre de 600 000 dollars par joueur circule pour perdre 2-1, orchestrée par des mafieux asiatiques. Serge Branco, un joueur camerounais, se souvient : « Regardez, nous n’avons rien pris et nous avons gagné ». Malgré un désavantage numérique, les Lions égalisent à la 92e minute et s’imposent grâce à un but en or de Modeste Mbami. Ce soir-là, un tournant se produit. En demi-finale, avec un Patrick Mboma en grande forme, ils renversent le Chili en cinq minutes. En finale, après avoir été menés 2-0 par une Espagne pleine de futurs stars (Xavi, Puyol, Capdevila), ils égalisent grâce à un éclair de Samuel Eto’o et remportent le match aux tirs au but. À seulement 16 ans, Carlos Kameni devient le plus jeune champion olympique de l’histoire du football. Cette victoire à Sydney marque l’obtention de la première médaille d’or olympique pour le Cameroun. À leur retour, une foule immense les attend à l’aéroport. Vingt-cinq ans plus tard, cette épopée reste inégalée : un tournoi remporté par la passion, défiant l’argent et la logique. Le Cameroun ajoutera une autre CAN à son palmarès en 2002, consolidant ainsi son âge d’or, une époque marquée par le célèbre maillot sans manches.
Des matchs de la CAN gratuits après 20 minutes de jeu face à des stades vides