Après avoir été remercié au bout de six mois par l’AC Milan et suspendu pendant neuf mois en mars dernier suite à une altercation avec l’arbitre Benoît Millot, Paulo Fonseca a su surmonter de nombreux obstacles. Alors qu’il était proche d’un limogeage après cet incident, l’entraîneur portugais, qui a pris la relève de Pierre Sage, a traversé plusieurs crises à Lyon, dont une particulièrement préoccupante cet été avec la menace d’une descente en Ligue 2. Cependant, il semble enfin voir le bout du tunnel grâce à un excellent début de saison, avec son équipe actuellement deuxième du championnat, à égalité de points avec le PSG. Ce retournement de situation est le fruit de son travail acharné, de celui de son staff et de ses stratégies sur le terrain.
Une empreinte marquée
Malgré les difficultés économiques rencontrées par l’OL, Fonseca a su tirer son épingle du jeu. À la clôture du mercato estival, plusieurs joueurs clés tels que Rayan Cherki (Manchester City), Alexandre Lacazette (Neom), Lucas Perri (Leeds United) et Georges Mikautadze (Villarreal) ont quitté le club, suscitant des interrogations sur la capacité de l’équipe à rivaliser au plus haut niveau. En particulier, l’attaque a été affaiblie, avec l’arrivée d’un seul nouvel attaquant, Martín Satriano.
Nous n’avons pas de star ici : la star, c’est l’équipe, et tous les joueurs comprennent l’importance de travailler ensemble.
Pourtant, ces défis n’ont pas ébranlé l’entraîneur, qui a l’habitude de façonner ses équipes à son image, en les transformant en formations dominantes, comme il l’avait fait avec le LOSC. « Je pense que lorsque le groupe travaille de cette manière et que l’équipe est la priorité de tous, il est difficile d’avoir un joueur qui pense différemment, » a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse récente. « Nous n’avons pas de star ici : la star, c’est l’équipe, et tous les joueurs comprennent l’importance de travailler ensemble. »
Avec un collectif renforcé par des joueurs comme Corentin Tolisso, la recrue Tylon Morton et Clinton Mata, cet OL, qui évolue principalement en 4-2-3-1 ou en 4-3-3, ne semble pas particulièrement séduisant sur le papier, mais les résultats sont là. Avec 17 victoires en 26 matchs, Fonseca affiche un impressionnant taux de réussite de 64% sur le banc, surpassant même Gérard Houllier (63,9%). Au-delà des statistiques, l’entraîneur jouit d’une grande estime parmi ses joueurs. « Paulo Fonseca est très fort tactiquement. Il a une approche différente pour chaque match, c’est ce que j’apprécie chez lui, » a confié son capitaine après une victoire serrée contre Lille (0-1). L’animation de jeu est fluide et donne souvent lieu à de belles séquences de passes, prouvant que cette équipe a un potentiel collectif indéniable.

Une défense retrouvée
Un autre facteur qui explique les récentes performances positives des Gones est leur solidité défensive. En effet, l’OL n’a encaissé que trois buts cette saison (dont un en infériorité numérique contre Rennes) et a enregistré six clean sheets toutes compétitions confondues. C’est une performance remarquable pour une équipe qui a souvent été critiquée pour ses lacunes défensives ces dernières années. « C’est une conséquence de notre style de jeu, » affirme Fonseca. « Bien sûr, avec de tels résultats, on pourrait penser que notre priorité est uniquement défensive. Mais je ne veux pas que les joueurs considèrent que ne pas encaisser de buts est l’objectif principal. » Lors de leur prochain match contre Salzbourg, l’une des équipes les plus redoutables de cette phase de Ligue Europa, Paulo Fonseca pourra compter sur son expérience pour guider ses joueurs vers un nouveau succès européen, afin de maintenir cette dynamique positive et prouver que ce renouveau n’est pas qu’un simple feu de paille.
Paulo Fonseca en pince pour Mathys De Carvalho

