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Coupe du monde des clubs : des arènes désertes, des rencontres ennuyeuses mais en ultra haute définition !

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Caméras de référence, GoPro, animations en 3D… la FIFA a véritablement mis les bouchées doubles. Cette Coupe du monde à l’américaine illustre parfaitement la vision de Gianni Infantino pour un spectacle télévisuel contemporain. L’entrée des joueurs, remarquée par tous, et l’introduction de la « ref cam » (une caméra portée par l’arbitre offrant une perspective subjective) ont été largement saluées. Le contraste entre la diffusion traditionnelle européenne et la production spectaculaire américaine est frappant.

Pour chaque match de groupe, 23 caméras sont déployées, tandis que 28 seront utilisées lors des phases éliminatoires, atteignant 30 pour la finale, où des technologies encore plus avancées seront mises en œuvre (super zoom, drones, Flycam…). La diffusion, entièrement assurée par DAZN, propose une qualité d’image en HDR, offrant une expérience visuelle futuriste par rapport à la résolution HD habituelle des compétitions européennes. C’est une première mondiale pour un événement sportif.

Une avancée technologique majeure

DAZN vise à offrir une expérience immersive inégalée aux téléspectateurs, s’appuyant sur un dispositif colossal. Stefano Bernabino, directeur des contenus et de la production chez DAZN, explique : « Nous avons des équipes dédiées aux 32 clubs, appelées Embedded Crews, qui produisent du contenu quotidiennement, en direct ou en post-production. » Ces équipes de tournage, proches des clubs, visent à rendre le contenu captivant, tout en intégrant des évolutions technologiques pour filmer les matchs de manière innovante. Il est indéniable que la société anglaise déploie des efforts considérables. Cependant, les difficultés rencontrées pour accéder aux clubs de Ligue 1 cette saison laissent un goût amer quant à des contenus potentiellement manqués.

Nous souhaitons offrir une expérience de football enrichie, tant sur le plan de la captation que de l’enrichissement du direct.

Stefano Bernabino

Ces initiatives s’inspirent largement des pratiques locales. « Nous prenons exemple sur la NBA et ses célèbres pauses rafraîchissantes, avec une ambiance sonore durant ces temps morts. Nous voulons offrir une expérience plus immersive, accessible et complète, » ajoute-t-il. Toutes ces innovations visent à scénariser l’événement, afin de privilégier une expérience visuelle aussi captivante que le contenu sportif. « Nous utilisons des spider cams, des drones pour la captation aérienne, et des hélicoptères pour chaque match… Ce n’est pas uniquement technique, mais ces innovations doivent servir le produit. Nous avons l’ambition d’améliorer l’expérience du football, tant sur le plan de la captation que de l’enrichissement du direct, » conclut Stefano Bernabino. Et ce n’est que le début, nous n’en sommes qu’au troisième jour. »

Une approche américaine, parfois indigeste

Ce spectacle à l’américaine, bien qu’enthousiasmant, pourrait déstabiliser les amateurs de football européen, avec un rythme de plans plus proche d’une bande-annonce de film que d’un match de Ligue 1. De plus, malgré les investissements massifs pour créer un contenu « premium », le principal défaut visuel de ce tournoi reste les sièges vides. Les images d’un stade à peine rempli lors du match entre Chelsea et Los Angeles ce lundi ont été particulièrement frappantes. Bien que l’on ait pu apprécier l’enchaînement rapide de Pedro Neto lors de l’ouverture du score des Blues grâce à la « ref cam », peu de spectateurs ont pu en profiter à cause des tribunes désertes.

Si l’engouement dans les stades semble donc en berne, l’intérêt des téléspectateurs ne se manifeste pas non plus. Les matchs diffusés tard dans la nuit, des affiches peu attrayantes et des écarts de niveau entre les équipes n’aident pas à susciter l’enthousiasme d’un public déjà saturé de football cette saison. Malgré une bonne audience pour le premier match du Paris Saint-Germain contre l’Atlético de Madrid (3,8 millions de téléspectateurs), en grande partie grâce à leur premier titre en Ligue des champions, et l’enthousiasme des supporters de Boca Juniors lors de leur match nul contre Benfica, où les tribunes du Hard Rock Stadium ont rappelé la Bombonera, la compétition peine à décoller. La FIFA espère inverser cette tendance lors des phases finales, lorsque les grandes équipes s’affronteront, selon la logique sportive. Mais pour l’heure, cette Coupe du monde des clubs semble décevoir un public qui n’attendait pas grand-chose.

Un retour sur la Coupe du monde de 1994

Pourtant, l’héritage des États-Unis aurait pu laisser présager de belles choses. Des stades immenses, un soleil éclatant et une ambiance électrisante, la Coupe du monde de 1994 a marqué une génération, bien avant cette Coupe du monde des clubs. Comme cette dernière, la World Cup de soccer était mal engagée. Trop artificielle, trop chaude, trop « show ». Les observateurs exprimaient leurs doutes avant la cérémonie d’ouverture, et le penalty raté de Diana Ross a été perçu comme un mauvais présage.

Les comparaisons ne s’arrêtent pas là. Si l’absence de grandes équipes européennes, comme le FC Barcelone ou Liverpool, est regrettable, cette Coupe du monde de 1994 avait également vu des nations majeures faire défaut, telles que l’Angleterre, l’Uruguay et bien sûr la France – pour des raisons bien connues. Dominique Grimault, auteur d’un livre sur le Mondial 94, tempère les choses : « Il est prématuré de faire des parallèles. C’est encore trop tôt. En termes de diffusion et de production, on ressent une volonté de créer un spectacle à l’américaine. » Alors que cette Coupe du monde de 1994 a vu le Brésil décrocher sa quatrième étoile lors d’une séance de tirs au but mémorable contre l’Italie, elle a surtout su conquérir le cœur des fans au fil de la compétition, grâce à l’enthousiasme américain. Cependant, selon Dominique Grimault, cette Coupe du monde des clubs aura du mal à s’imposer : « Aux États-Unis, cela ne prend pas. En 1994, l’engouement s’est rapidement estompé. Ne jugeons pas cette compétition sur le plan sportif, mais le football n’est pas dans leur culture. C’est une question d’argent, rien de plus. » Malgré tous les investissements de la FIFA en équipements de pointe et en outils de communication sophistiqués pour cette Coupe du monde des clubs… La véritable compétition arrive dans moins d’un an (11 juin – 19 juillet). Celle que tout le monde attend, et pas seulement les caméras.

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Propos recueillis par TA.

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