« Qui se souvient de l’origine du surnom de Jonathan David ? De l’Iceman, censé réaliser les rêves de la Juventus, il ne reste qu’une ombre, un mélange d’anxiété, de peur et d’arrogance » : cette image, à la fois poétique et acerbe, provient du quotidien Tuttosport, après la déception de la Juventus à domicile contre Lecce (1-1) le 3 janvier. La cause principale ? Le penalty raté par l’international canadien à la 66e minute – un tir entre une panenka mal exécutée et un tir sans conviction, facilement détourné par Wladimiro Falcone, le gardien adverse.
Un échec qui a surpris les supporters du LOSC, qui avaient l’habitude de voir JoDav’ transformer les penalties avec une grande assurance : avec 26 penalties réussis sous le maillot des Dogues, Iceman avait su convaincre par son sang-froid, marquant des buts cruciaux contre des équipes comme le Real Madrid (1-0), l’Atlético de Madrid (1-3) ou lors d’un derby contre Lens (1-0) – pour n’en nommer que quelques-uns. Bien qu’un penalty manqué ne devrait pas entraîner une telle mise à l’index, cet incident s’ajoute à un bilan déjà mitigé du natif de Brooklyn depuis son arrivée dans le Piémont.
Un début difficile à la Juventus
Les critiques, Jonathan David commence à les connaître depuis son arrivée en Italie. Recruté l’été dernier en provenance de Lille, sans le poids d’un transfert onéreux – il a été acquis libre – mais avec la lourde tâche de succéder à Dušan Vlahović, qui était alors pressenti pour quitter le club, le canadien peine à répondre aux attentes placées en lui. La Juventus, qui lutte pour le Scudetto, n’a pas encore vu le meilleur de lui. Avec seulement un but en Serie A à la trêve (contre Parme), en plus de deux réalisations en compétitions européennes (face à Bodø/Glimt et Pafos), et de nombreux ratés, David a du mal à retrouver l’efficacité qui était la sienne en France, où il avait inscrit 109 buts en 232 matchs. Bien que le départ incertain de Vlahović, l’instabilité sur le banc turinois et l’arrivée surprise de Loïs Openda le dernier jour du mercato n’aient pas facilité son adaptation, il semble que le véritable problème soit plus simple : Jonathan David a besoin de temps pour s’ajuster.
❌ | Le penalty de Jonathan David arrêté par Wladimiro Falcone !🧤⚽ #JuventusLecce
Profitez du Pass Mi-Saison DAZN + Ligue 1+ à 99€ ici : https://t.co/zipauAD0bj !📲 pic.twitter.com/CUdtKNptRR
— DAZN France (@DAZN_FR) 3 janvier 2026
Ce fut également le cas à Lille, où l’on pourrait oublier qu’avant de devenir le troisième meilleur buteur de l’histoire du club, l’ancien joueur de Gand avait connu des débuts difficiles. Avec seulement deux buts à la trêve lors de sa première saison (et un penalty manqué contre le Celtic), la recrue la plus chère de l’histoire du LOSC (achetée pour 26 millions d’euros en juillet 2020) avait mis du temps à convaincre aux côtés de Burak Yılmaz dans le 4-4-2 de Christophe Galtier. « Pour viser le haut du tableau, il nous fallait une défense solide, et dès le début, le travail de Jonathan était essentiel pour empêcher le gardien ou la défense adverse de relancer proprement. Rapidement, il est devenu un élément clé dans la récupération du ballon, même si son importance n’a été reconnue que lorsqu’il a commencé à marquer », tempère son ancien coéquipier Jérémy Pied, impressionné par la détermination du jeune homme face aux critiques. « Au lieu de se décourager, il a redoublé d’efforts, ajoute-t-il. Tim’ Weah et moi, qui jouions moins, l’accompagnions après chaque entraînement pour travailler ensemble : frappes du gauche, du droit, jeu de tête, penalties, tout y passait, c’était incroyable ! Aujourd’hui, même s’il traverse une période difficile en Italie, je suis convaincu qu’il travaillera dur pour prouver aux supporters qu’il peut être le numéro 9 qu’ils attendent. »
Un mental d’acier
Les grands attaquants se distinguent souvent par leur capacité à rebondir, et c’est précisément ce que Jonathan David doit exploiter. Sous le feu des critiques trois jours après le penaltygate, alors que la possibilité d’un retour de Federico Chiesa ou l’arrivée d’Alexander Sørloth au mercato d’hiver plane sur lui, c’est dans sa résilience qu’il a puisé pour réaliser ce qui semble être un match référence contre Sassuolo (0-3) le 6 janvier. Il a délivré une passe décisive en pivot pour son coéquipier Fabio Miretti, suivie d’un but plein de sang-froid : une percée et un tir du gauche pour punir une erreur de la défense neroverda. Suffira-t-il à relancer sa carrière turinoise ? Seul l’avenir le dira, mais le numéro 30 bianconero semble avoir les atouts nécessaires pour inverser la tendance en ce début d’année.
Pour cela, il peut compter sur le soutien de son entraîneur Luciano Spalletti, qui n’hésite pas à défendre son joueur face aux critiques, notamment avec une touche d’humour culinaire – une histoire amusante de parmigiano sur ses pasta alle vongole. Il a d’ailleurs réaffirmé sa confiance en son attaquant après la débâcle contre Lecce, en le titularisant trois jours plus tard contre Sassuolo. De plus, le soutien de ses coéquipiers pourrait être le ciment de la confiance du Canadien : « À Lille, il avait gagné le respect du vestiaire en travaillant d’arrache-pied, ce qui lui avait permis de jouer en toute confiance jusqu’à ce que les buts arrivent. Jonathan est un grand compétiteur, mais avant tout un gars très détendu : il ne dérange personne, ne s’énerve jamais et reste toujours calme », se souvient Pied, champion de France avec lui en 2021. Au Mapei Stadium, les nombreuses accolades de David après son but (des titulaires aux remplaçants, en passant par Mister Spalletti) témoignent de l’attachement profond des joueurs juventini à leur chill guy, dissipant les rumeurs selon lesquelles il serait isolé au sein du vestiaire.
À Lille, il avait gagné le respect du vestiaire en travaillant d’arrache-pied. Ce mec n’emmerde personne, ne s’énerve jamais et reste toujours très calme.
La Vieille Dame, engagée dans une lutte acharnée pour le titre en Serie A, n’est pas la seule à espérer le réveil du bison en cette nouvelle année : ses coéquipiers en sélection comptent sur le meilleur buteur de l’histoire du pays (37 buts en 73 sélections) pour briller lors du Mondial à domicile et sortir d’un groupe abordable (Suisse, Qatar et un barragiste encore à déterminer). Que ce soit en rouge ou en rayé, 2026 pourrait bien être l’année de la renaissance pour Jonathan David : la rencontre contre la Cremonese, ce lundi soir à l’Allianz Stadium (20h45), semble être l’occasion parfaite pour enchaîner et mettre en pratique ses bonnes résolutions.

La Juventus triomphe contre Sassuolo, Jonathan David marque enfin

