samedi,janvier 17,2026

Top 5 This Week

Related Posts

Le Pape François : un passionné de football comme tout le monde !

« Je jouais sur le globe ⁢terrestre. » Cette citation pourrait⁣ provenir d’Eduardo Galeano,⁣ de Pier Paolo Pasolini ou même⁢ de ‌Diego Armando Maradona. En réalité, elle est ​tirée de ⁤l’autobiographie du pape François, intitulée Espérer. ⁣ Jorge‍ Mario Bergoglio nous a⁢ quittés le‍ 21 avril, à⁣ l’âge de 88 ans. En tant que⁢ premier pape ‍latino-américain, il a bouleversé les ‌attentes des catholiques, plaidé ​pour les ‌démunis et ‍a également mis en avant‍ le club San Lorenzo, étant le premier souverain pontife passionné de⁣ football, surpassant même Benoît‌ XVI et son⁣ attachement au Bayern Munich. Il a su⁢ être ‍ socio d’un club sans assister aux matchs,⁢ accueillant tout‌ le monde chez ‍lui tout en respectant les règles établies par Gianni Infantino. Un amateur de football‍ comme tant ‍d’autres, avec ses ‌propres contradictions.

Ballon ‍de chiffons,⁤ club sacré et carte de​ membre

Le 266e ​pape​ est argentin, et comme beaucoup ‍d’Argentins, il‌ a une passion pour ⁢le football.⁢ Son histoire a commencé bien avant son ordination, durant ses études de théologie en Allemagne pendant le Mundial de 1986, et sa vie au Vatican.​ François ⁣a commencé à jouer au football‍ dans son ​enfance, utilisant un ballon fait de chiffons,​ comme il le raconte‍ dans son autobiographie ⁣ Espérer, publiée en début d’année. Le⁢ titre ​du livre pourrait⁤ être celui de n’importe quel⁤ supporter, tout⁢ comme son récit : celui d’un jeune‍ garçon qui ne ‍se distinguait pas par ses talents footballistiques, se qualifiant de « una​ pata dura », un homme ⁣aux deux pieds gauches. Jorge Mario Bergoglio ⁣a ⁣alors pris le poste de gardien de but, un rôle qui « vous habitue à ​faire face à⁤ la réalité, à affronter les ‌défis ;​ on ne sait pas toujours d’où vient le ballon, mais il faut tout ⁢de même ⁤essayer ‍de l’attraper.​ Comme dans​ la vie. »

Le ‌pape, Dieu et un ⁢canapé.
Le pape, Dieu et un canapé.

Originaire ⁣de Buenos Aires, François devient également un fervent ⁢supporter. Il se passionne pour ⁣San Lorenzo​ grâce à son père, qui ​était joueur de basket pour le club. Le fils d’immigrés italiens se souvient d’avoir assisté à tous les matchs de l’équipe en ​1946, année où ils ont remporté leur troisième ⁢titre de champion d’Argentine. Il évoque un‌ souvenir marquant d’un ⁢but, comme le rapporte La Croix : « Le championnat touche à sa fin et San Lorenzo affronte le Racing de Avellaneda : un centre depuis⁣ l’aile gauche,‍ Pontoni, dos au but, contrôle ⁢le ballon de‍ la poitrine et, sans le laisser tomber, le reprend du talon, contourne un défenseur qui charge, puis, à la ⁢limite ‍de ⁤la surface, tire une flèche qui passe à⁢ droite du gardien.‌ Gooooaal. »

Les « Saints » (un ‍des surnoms du club) remportent un‌ titre. L’Église, ⁤quant⁢ à elle, n’est pas loin. San Lorenzo a été fondé après qu’un prêtre a ouvert les portes de son ⁣oratoire pour permettre à un groupe‌ de jeunes​ de jouer au football. Le nom du club rend hommage à ​saint Laurent de Rome, le patron des pauvres, ⁣martyrisé. Le ‌ socio numéro 88 235‍ célébrera⁤ deux messes en l’honneur de ⁢son équipe, la première​ pour‍ commémorer son centenaire. Devenu le premier ​pape ​sud-américain‌ en 2013, le supporter​ le plus célèbre de San Lorenzo (avec Viggo Mortensen, pour ​les néophytes) a ⁤connu⁢ une joie immense lors de ⁣sa‍ première saison au ⁣Vatican ​: les Cuervos ‍ (les corbeaux) remportent‌ le championnat d’ouverture⁢ 2013, suivi⁢ de la Copa‍ Libertadores en 2014. Un destin ?

Valeurs humanistes

Entre deux repas à la cantine du Vatican, François aime‌ rencontrer des légendes ​du football. Lionel Messi,⁣ Zlatan Ibrahimović, Neymar pour les années 2010, et Pelé, Maradona avec‍ son célèbre « Alors, quelle est la main incriminée ? » pour les anciens, dédicaçant des maillots urbi et‍ orbi (ou⁤ recevant des maillots⁤ de⁢ Jean⁣ Castex, avec un exemplaire de Notre-Dame de Paris). À propos de Messi, il a déclaré aux médias⁣ espagnols de La Sexta : « C’est⁤ un dieu avec le ballon sur ‌le ⁤terrain.⁢ C’est un plaisir de le ⁤voir jouer. Mais ce n’est pas Dieu. ​» Lors de sa visite à Marseille en septembre 2023, un tifo des South Winners lui a rendu​ un hommage vibrant.

Le passionné des Rouge et Bleu a passé ses douze ‍années de pontificat à ⁢recevoir les résultats de son équipe par un garde suisse. Sans télévision – ce qui est pratique ‌pour garder​ un œil d’enfant sur son⁣ sport –, il a exprimé son amour pour le football ‍et ses ⁢valeurs.⁣ La ‌paix ​et l’éducation sont au cœur de ses préoccupations. Il ⁢célèbre le football amateur ‌et dénonce la corruption, tout ‍en ‌partageant une vision ​humaniste sur les exilés lors de ses visites politiques. Pour marquer le centenaire du Corriere dello Sport, Vatican News ‌rapporte⁣ un pape qui s’exprime sur la ⁢ « joie de la victoire » et « la​ défaite, en apprenant⁤ à se relever et ⁤en ⁢gardant en mémoire les erreurs ⁤pour les surmonter la prochaine fois,⁣ ou simplement en acceptant sa ‌diversité et ses limites ⁤». Simple et efficace. Et ⁤quel est le rôle‍ du sport ⁤? «​ Faire grandir l’humanité ‌dans ses valeurs les plus belles et authentiques. » Un discours sur l’inclusion qui contraste avec l’approche ultra-capitaliste de Gianni​ Infantino.

Le ⁣pape‌ François en compagnie ​de l’équipe du Bayern Munich en 2014
Le pape François en compagnie de l’équipe du⁢ Bayern Munich en 2014

Cependant, tout comme avec son projet de réforme de l’Église (où ‌aucune femme ne ‌peut être diacre, ​un homme marié ne peut être ordonné, et l’homosexualité ⁢n’est pas encore acceptée), François ​n’a‍ pas eu le temps (ou le⁤ courage) de pousser son anthropologie ​footballistique à son terme. Il n’a jamais évoqué la victoire⁤ de⁢ l’Argentine en 1978 sous la dictature ni le‍ Qatar 2022, ​détournant son regard ou préférant voir le ‌football comme ​un vecteur ‌de communauté et‌ de paix plutôt ⁢que comme⁢ un terrain‌ de magouilles et⁣ d’inhumanité.⁢ En modernisant ⁢l’Église, le​ pape a​ rompu avec ses prédécesseurs, ⁤mais est resté un homme de pouvoir qui n’a pas modifié les règles. Le ‌football du ‌pape François est​ donc celui d’un⁢ supporter ‌comme ‍les autres, ancré dans les émotions de l’enfance et son quartier de Buenos Aires. Un ⁣football vibrant de couleurs, d’immigration italienne, de stades ‌où se rassemblent les Cuervos. « L’homo sapiens est un homo ludens », ⁤écrit-il dans ​sa biographie.

Ezequiel Lavezzi, plus dure⁤ est la chute

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Popular Articles