Le 8 février 2025, Pablo Pagis a fait une entrée remarquée sur la scène du football. Lors d’un match opposant Lorient à Amiens, quelques mois avant une montée en Ligue 1 qui semblait inévitable, l’attaquant lorientais a reçu le ballon à 25 mètres des buts. Avec une puissance impressionnante, il a décoché une frappe qui a trouvé le fond des filets, enflamment ainsi le stade du Moustoir. Ce but a immédiatement rappelé aux observateurs un moment similaire : celui de son père, Mickaël, qui avait marqué un but presque identique lors d’un match Marseille-Bordeaux en 2006. Les similitudes entre les deux frappes sont frappantes, tout comme les traits physiques des deux hommes, partageant la même calvitie, le même style de jeu et une taille identique de 1,80 mètre.
Ce jour-là, sept mois après sa première apparition marquante, les défenseurs de l’AS Monaco ont été témoins de son talent. Entré en jeu à vingt minutes de la fin, le Montbéliardais a d’abord dribblé avec aisance à travers la défense monégasque avant de marquer avec sang-froid face à Philipp Köhn (76e). Il a ensuite démontré son potentiel de buteur en envoyant une frappe puissante qui a touché la barre transversale avant de rentrer (82e), permettant à son équipe de s’imposer 3-1 et de faire de Monaco un prétendant à la relégation. Ce match a suscité des commentaires élogieux sur les réseaux sociaux, relançant les comparaisons avec son père.
Des parcours parallèles ?
À ce stade de sa carrière, bien que les ressemblances avec son père soient évidentes, ce qui unit réellement les deux hommes, ce sont leurs débuts respectifs. Bien que leurs parcours se déroulent à des époques différentes, Pablo Pagis ne fait pas partie de cette catégorie de jeunes prodiges qui sont propulsés dans l’élite dès leurs débuts. À 22 ans, il a réalisé son premier exploit en Ligue 1 après quatre saisons professionnelles, ayant connu un parcours semé d’embûches : des débuts prometteurs en Ligue 2 avec Nîmes, une saison presque blanche avec Lorient il y a deux ans, un prêt à Laval, et une intégration progressive au sein du club breton, d’abord sous la direction de Régis Le Bris, puis d’Olivier Pantaloni.
Sa saison a également été marquée par des difficultés, avec un début prometteur grâce à un but contre Rennes, mais freiné par une blessure qui l’a contraint à débuter en tant que remplaçant. À l’instar de son fils, Mickaël Pagis a également dû faire preuve de patience. Avec 558 matchs professionnels et 156 buts à son actif, il a connu de nombreuses années en National 1 et en Ligue 2, n’accédant à l’élite qu’à l’âge de 28 ans, lorsqu’il a signé avec Sochaux en 2001.
Pablo, au-delà du nom Pagis
Malgré ces nombreux points communs, il est essentiel que Pablo Pagis se forge sa propre identité, loin de l’ombre d’un nom bien connu des passionnés de football français des années 2000. Les comparaisons doivent servir à illustrer une belle histoire de famille, mais ne doivent pas entraver la progression de l’attaquant lorientais. Bien qu’il ait déclaré à L’Équipe qu’il connaît les buts de son père par cœur et qu’il partage certaines similitudes avec lui, il est crucial pour lui de se faire un nom à part entière.

Le chemin qui l’attend est long, et il devra se battre pour obtenir une place de titulaire dans l’équipe de Pantaloni, afin d’éviter que le statut de remplaçant ne devienne une étiquette permanente (il n’a été titulaire qu’une seule fois depuis le début de la saison, lors de la première journée contre Auxerre). Son entraîneur a souligné en conférence de presse que Pablo doit travailler pour gagner sa place, en précisant : « Il va devoir se battre, la concurrence est forte à ce poste. Pablo est parfois irrégulier, il doit trouver sa constance. Il est conscient de ce que l’on attend de lui. » Bien que Mickaël Pagis n’ait pas pu assister au match en raison d’un imprévu, il est certain que ce n’est que partie remise pour voir son fils briller sur le terrain.
Lorient et Pablo Pagis dominent Monaco

