La trajectoire de l’Union Saint-Gilloise est tout simplement remarquable. Depuis qu’elle a remporté le titre de champion de D2 belge en 2021, l’équipe n’a cessé de briller, terminant chaque saison dans le top 3 de la Jupiler Pro League. Cette constance lui a permis de participer à la Ligue Europa pendant trois années consécutives, atteignant même les quarts de finale en 2023, où elle a été éliminée par le Bayer Leverkusen. Après une attente de près de 90 ans, le « matricule 10 » s’apprête à faire ses débuts en Ligue des champions ce mardi, avec un match contre le PSV, une première dans l’histoire du club.
À l’instar de clubs comme Bodø/Glimt, Kairat Almaty et Pafos, l’Union fait partie des équipes moins expérimentées dans cette compétition, contrairement au FC Bruges, qui a déjà disputé 22 matchs en Ligue des champions. Selon les analyses de l’agence de statistiques Opta, les chances des Bruxellois de remporter le prestigieux trophée sont estimées à 0,3 %, un léger avantage par rapport à l’Olympique de Marseille. L’entraîneur Sébastien Pocognoli a déclaré à RTL Sports que cette qualification est « une étape logique » dans l’évolution du club, tout en se demandant si c’est « normal » d’être en Ligue des champions après seulement quatre ans en D1. « Peut-être que non, mais toute progression est bénéfique si elle est bien gérée, » a-t-il ajouté.
Prudence face aux surprises
Heureusement, le football est souvent imprévisible et laisse place à des moments d’émotion. On se souvient de la défaite inattendue du Bayern Munich contre BATE Borisov en 2012, ou de l’humiliation du Real Madrid face au Sheriff Tiraspol en 2021. Le nouveau format de tirage au sort a pour but d’équilibrer les confrontations, et l’Union se retrouve face à des adversaires redoutables (Inter, Bayern, Atalanta, Atlético de Madrid, Marseille, PSV, Newcastle et Galatasaray), mais des exploits ne sont pas à exclure, permettant d’espérer atteindre au moins les barrages.
J’ai montré à mes joueurs des vidéos de l’Union pour qu’ils comprennent la force de cette équipe et son style de jeu. Nous leur accordons beaucoup de respect.
Le Stade brestois a ouvert la voie, et Peter Bosz en est conscient : « Mes joueurs ne les sous-estimeront pas, c’est certain. Je leur ai montré des vidéos de l’Union pour qu’ils voient la force de cette équipe et son style de jeu. Nous leur accordons beaucoup de respect, » a-t-il affirmé en conférence de presse. « Attention à ce club qui fait un travail remarquable depuis des années. Ils sont champions de Belgique en titre et en tête de leur championnat. Ils jouent bien et peuvent causer des problèmes, » a-t-il averti.
Pas là pour faire de la figuration
Malgré un mercato mouvementé, avec le départ de plusieurs joueurs clés (Anthony Moris, Franjo Ivanović, Noah Sadiki, Charles Vanhoutte, Koki Machida et Alessio Castro-Montes), l’Union a démarré la saison sur les chapeaux de roues, occupant la première place de la Pro League avec 17 points en 7 matchs. La cellule de recrutement a encore une fois fait preuve d’efficacité en intégrant des joueurs fiables du championnat belge (les milieux Rob Schoofs de Malines et Adem Zorgane de Charleroi), ainsi qu’une pépite d’une ligue mineure (l’attaquant autrichien Raúl Florucz, recruté à l’Olimpija Ljubljana, mais qui manquera les deux premières journées de C1 en raison d’un carton rouge reçu avant son transfert). De plus, la connexion avec Brighton a été maintenue avec l’arrivée du gardien néerlandais Kjell Scherpen, qui a déjà réalisé quatre clean sheets en autant de matchs.
Cependant, Sébastien Pocognoli devra composer avec plusieurs absences, notamment celle de Mohammed Fuseini, déjà retiré de la liste envoyée à l’UEFA et remplacé par le jeune attaquant suisse Marc Giger. Sofiane Boufal est également blessé, tout comme le capitaine Christian Burgess, qui n’est pas encore rétabli d’une opération au pied. Pour le match contre le PSV, le brassard devrait être confié à Kevin Mac Allister (son frère). Bien que l’Union ait réussi à battre Anderlecht et Dender sans ces joueurs, il reste à voir si cela suffira sur la scène européenne. Néanmoins, l’heure n’est pas encore aux calculs. L’Union, véritable bouffée d’air frais du football européen ces dernières années, a déjà gagné le droit de savourer cette expérience et saura, en s’appuyant sur ses fondamentaux, tirer le meilleur de cette nouvelle aventure. Un collectif qui partage sans aucun doute l’état d’esprit de Fedde Leysen, le nouveau leader de la défense, formé au PSV : « Pas de sentiments, j’y vais pour gagner ! »
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