→ À la recherche de l’équilibre parfait
La carence de Rodri au milieu de terrain pèse lourdement sur les Skyblues. Le lauréat du Ballon d’Or jouait un rôle crucial en tant que stabilisateur de l’équipe. Malgré le talent indéniable de Mateo Kovačić, İlkay Gündoğan, Kevin De Bruyne et Bernardo Silva, aucun d’eux ne peut véritablement remplacer son profil unique. La responsabilité incombe à Pep Guardiola et à son staff, qui auraient dû anticiper cette situation en cherchant un remplaçant adéquat, plutôt que de se concentrer sur l’accumulation de joueurs offensifs et de défenseurs coûteux. En l’absence de la puissance physique, du placement judicieux et de la vision de jeu de l’Espagnol, le milieu de terrain de Manchester peine à répondre aux pressings adverses, comme en témoignent les rencontres contre Liverpool, le PSG ou Arsenal. Oliver Glasner a d’ailleurs souligné sur Sky Sports que City était l’une des équipes de Premier League réalisant le moins de sprints cette saison, avec une moyenne de 117 par match, alors qu’ils en réalisaient entre 124 et 133 les années précédentes. Il a également noté qu’il y avait beaucoup d’espace à exploiter dans la zone de Gündoğan. « Lorsque vous évoluez dans un 4-1-4-1 comme City, il y a beaucoup d’espace à gauche et à droite du numéro 6. La question est de savoir comment exploiter cet espace, » a-t-il expliqué. Les Eagles avaient su en tirer parti, obtenant un match nul en décembre (2-2). L’absence de Rodri se fait également sentir dans la fluidité du jeu de Manchester, qui souffre d’un manque de qualité dans les passes longues. L’Espagnol avait délivré neuf passes décisives en Premier League la saison dernière grâce à sa précision.
→ Problèmes de défense sur les centres
La défense des citizens souffre d’un manque de continuité en raison d’une série de blessures. Cela se traduit par des difficultés dans la gestion des centres. Au Parc des Princes, João Neves a été laissé seul dans la surface à deux reprises sur des coups francs : il a raté sa première tête, mais a su punir cette négligence à la 78e minute en marquant le but du 3-2. Joško Gvardiol a également dû intervenir sur un corner en sauvant le ballon sur sa ligne. L’absence de Rodri, qui mesure 1,90 m, se fait sentir, car il remportait 71 % de ses duels aériens cette saison. Rúben Dias (1,87 m) et John Stones (1,88 m, avec seulement cinq titularisations en championnat) sont également absents, ce qui complique la domination aérienne. Cependant, le problème ne se limite pas à la taille ou aux phases arrêtées. Récemment, City a été victime de plusieurs situations de centre-tête, notamment contre la Juventus (2-0), Crystal Palace (2-2) et Brentford (2-2). Lors d’un centre de Keane Lewis-Potter, Christian Nørgaard a remporté son duel avec Manuel Akanji, permettant aux Bees d’égaliser. De plus, un centre mal défendu contre Everton a permis à Iliman Ndiaye de marquer d’une demi-volée, accentuant les doutes chez le quadruple champion d’Angleterre.
→ L’audace de Guardiola
Pep Guardiola reste fidèle à ses principes, même en période difficile. « Que devrais-je changer ? Si j’avais modifié ma méthode lors de ma première saison, peut-être que nous n’aurions pas remporté la Premier League six fois en huit ans. Je ne changerai pas, » a-t-il déclaré cet automne. « Nous croyons en nos principes fondamentaux. » Bien que cette approche soit romantique, elle s’avère peu efficace. Guardiola continue de privilégier les relances courtes, un aspect central de sa philosophie, ce qui représente un risque considérable lorsque les joueurs manquent de confiance. Un exemple frappant a été Matheus Nunes, qui a été positionné en tant que latéral (un rôle qui ne lui convient pas) pour dépanner contre Manchester United. En tentant de jouer avec son gardien, il a vu sa passe en retrait interceptée par Amad Diallo, entraînant un penalty qui a relancé le derby. La volonté de jouer court a encore coûté cher lorsque Manuel Akanji a perdu le ballon devant sa surface dès la 2e minute, permettant aux Gunners d’ouvrir le score. Une autre erreur individuelle, celle d’Abdukodir Khusanov, a également conduit à un but contre Chelsea. « La confiance est essentielle dans tout cela, » a expliqué Gündoğan après la défaite contre la Juventus. « Parfois, nous perdons le ballon ou un duel, et cela nous fait perdre immédiatement notre rythme. Il est crucial de se concentrer sur les éléments simples pour retrouver la fluidité. C’est ainsi que nous regagnons notre confiance. » En attendant, un bon dégagement de temps en temps pourrait s’avérer utile…
Arsenal surclasse Manchester City

