Il était surprenant de constater la composition du Paris Saint-Germain avant le coup d’envoi contre le Sporting. Parmi les sept remplaçants, seuls cinq joueurs de champ étaient présents : Khvicha Kvaratskhelia, Gonçalo Ramos, Illia Zabarnyi, Lucas Beraldo et Noah Nsoki. Bien que le club ait dû composer avec plusieurs absences, notamment des joueurs partis pour la CAN comme Ibrahim Mbaye et Achraf Hakimi, ainsi que des blessés tels que Joao Neves, Kang-in Lee et Quentin Ndjantou, sans oublier Lucas Hernandez, suspendu, c’est surtout la performance des deux nouvelles recrues hivernales, acquises pour des sommes considérables, qui a attiré l’attention.
Équilibrer les choix
Depuis plusieurs mois, il est clair que le PSG a changé de cap. Fini le temps où le club cédait aux exigences salariales exorbitantes de certains joueurs (salut Gianluigi Donnarumma) ou se lançait dans des investissements risqués. Bien que Lucas Chevalier et Zabarnyi aient coûté cher, leur recrutement a été réfléchi et stratégique. Cependant, lors de leur passage au stade José Alvalade, ils n’ont pas réussi à répondre aux attentes. Le mercato d’été 2025 semble désormais moins prometteur que celui de 2024, où des joueurs comme Doué, Pacho ou Neves avaient fait forte impression.

On pensait que Chevalier avait enfin trouvé son rythme, mais il a finalement commis des erreurs. Sa gestion du premier but a été hésitante, et il a été encore plus en difficulté sur le deuxième, où sa lecture du jeu a été mise à mal. De son côté, Zabarnyi avait montré des signes encourageants lors de son entrée en jeu en tant que latéral droit contre Lille, mais cela semblait davantage dû à la faiblesse de l’équipe lilloise qu’à ses propres compétences. Son recul sur le but décisif du Sporting est un exemple à ne pas suivre. Bien qu’il soit facile de critiquer un joueur dans une position qui n’est pas la sienne, il est indéniable que l’Ukrainien n’a pas convaincu depuis le début de la saison. Si leurs performances laissent à désirer et soulèvent des doutes sur la qualité du mercato estival, ils ne sont pas les seuls à être en difficulté. En réalité, c’est un problème plus vaste.
Absences et carences
En optant pour la continuité et en ne renforçant que quelques postes clés, le PSG a laissé des lacunes, notamment au niveau des joueurs de champ. À droite, même sans anticiper la blessure d’Hakimi, il était évident qu’il manquerait un mois en raison de la CAN. Pourtant, le club n’a pas pris de mesures pour pallier cette absence. Luis Enrique peut bien affirmer qu’il compte sur Warren Zaïre-Emery, Joao Neves ou le jeune David Boly, mais la réalité est plus complexe. Placer Zaïre-Emery en tant que latéral droit a finalement affaibli le milieu de terrain. Bien qu’il soit bénéfique pour son développement de jouer régulièrement, Senny Mayulu, en difficulté actuellement, n’est pas encore prêt à assumer ce rôle. Zaïre-Emery, qui a montré de meilleures performances cette saison, aurait pu apporter une contribution précieuse dans l’entrejeu à Lisbonne.

Devant, bien que Ramos ait parfois été un remplaçant efficace, son manque de constance laisse le PSG sans véritable alternative. Compter sur les jeunes talents pour combler les lacunes présente des avantages, mais cela soulève également des inquiétudes, notamment l’absence de Quentin Ndjantou pour ce match. Bien que cela puisse flatter le joueur, cela reste préoccupant pour le club. L’accumulation de matchs la saison précédente avait déjà soulevé des inquiétudes concernant les blessures, et cette saison ne fait pas exception. Luis Campos a-t-il pris cela en compte ? Il est probable qu’il ait eu des discussions avec Enrique, qui a exprimé sa satisfaction quant à l’effectif. Cependant, n’est-ce pas aussi la responsabilité de Campos d’évaluer la fiabilité de l’équipe ? La seule piste hivernale évoquée jusqu’à présent, Dro (18 ans) du Barça, est prometteuse, mais peut ne pas suffire à résoudre tous les problèmes de l’équipe.
Bien que le coach parisien excelle à combiner expérience et jeunesse, un peu plus de maturité dans l’effectif serait bénéfique. Il est crucial de travailler dur pendant l’hiver pour éviter de se retrouver dans une situation délicate au printemps, même si le PSG parvient à passer quelques tours en Ligue. Les blessures ont déjà affecté l’équipe, et il n’y a pas de raison qu’elles s’arrêtent. La saison dernière, le PSG avait réussi à compenser ses manques avec l’arrivée de Kvaratskhelia pour un investissement conséquent. Il est fort probable qu’un montant similaire suffirait cette fois-ci pour attirer deux ou trois joueurs capables d’apporter un réel plus à l’équipe. Luis Campos a du pain sur la planche.
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