Le samedi 31 janvier, Liverpool affronte Newcastle à Anfield, mais ce match est surtout un révélateur de l’état actuel des Reds. Plus que l’adversaire, c’est la performance de Liverpool qui est scrutée. Dans une équipe où les certitudes offensives se sont estompées et où Mohamed Salah n’est plus le seul pilier, une nouvelle figure émerge au cœur du jeu. Dominik Szoboszlai, qui a rejoint le club il y a deux saisons, s’est imposé comme l’un des joueurs les plus constants de Liverpool, capable de gérer les moments difficiles, de rythmer le jeu et d’assumer des responsabilités croissantes. À l’approche d’un match exigeant sur le plan physique et mental, le Hongrois, formé au Red Bull, incarne parfaitement la transformation discrète du leadership à Anfield.
Le dernier rempart
Les saisons qui suivent un titre sont souvent celles où il faut faire le tri. Ce sont des périodes où la fatigue s’accumule, où les statuts vacillent, et où les leaders doivent prouver leur valeur au-delà des habitudes. À Liverpool, plusieurs joueurs expérimentés ont ressenti cette pression. En revanche, Dominik Szoboszlai a su résister. Mieux encore, il a progressé. Arrivé sur les rives de la Mersey en 2023, il a su se forger une réputation de joueur fiable, sur lequel l’équipe peut compter chaque semaine. Ce n’est pas seulement sa présence sur le terrain qui compte, mais aussi la constance de son niveau de jeu. Alors que d’autres alternent entre performances brillantes et passages à vide, Szoboszlai maintient un niveau élevé, ce qui, à Liverpool, peut parfois avoir plus de valeur qu’une série de matchs exceptionnels.
Pour être un leader, il faut d’abord montrer l’exemple. C’est ce qu’il fait depuis que je suis ici.
Arne Slot a rapidement saisi cette dynamique. Sans faire de Szoboszlai un leader ostentatoire, il a construit une partie de son milieu de terrain autour de lui. « Pour être un leader, il faut d’abord montrer l’exemple », a-t-il déclaré en conférence de presse. « C’est ce qu’il fait depuis un an et demi que je suis ici. » En d’autres termes, Szoboszlai n’est pas celui qui parle le plus, mais celui qui joue intelligemment, qui court au bon moment, qui presse quand il le faut, et qui ne se dérobe jamais. Cela revêt une importance particulière dans une équipe historiquement dominée par des personnalités offensives fortes.
La tempête continue
Ce qui a véritablement changé la perception de Szoboszlai, ce n’est pas seulement sa régularité, mais aussi sa capacité à se montrer décisif lorsque le jeu se complique. Liverpool a longtemps cru que, lorsque les choses se corsaient, Mohamed Salah trouverait toujours une solution. Ce n’est plus systématiquement le cas. Szoboszlai a progressivement pris le relais, sans jamais revendiquer ce rôle. Ses statistiques offensives témoignent de cette évolution. La saison dernière, il a terminé avec 8 buts et 9 passes décisives toutes compétitions confondues. Cette saison, il a déjà inscrit 8 buts et délivré 7 passes. Des chiffres solides, qui ne relèvent pas d’un attaquant, mais d’un milieu de terrain qui prend désormais une part active dans les résultats de l’équipe. Surtout, ces performances sont étalées sur le temps et les différentes compétitions, prouvant ainsi son impact durable.
Il y a également la manière. Cette saison, aucun joueur de Premier League n’a marqué plus de buts de l’extérieur de la surface que lui, toutes compétitions confondues. Ce détail est crucial. Szoboszlai est devenu le joueur qui ose tenter sa chance lorsque le jeu est figé, celui qui prend des initiatives quand les solutions classiques échouent. Parfois par ego, mais aussi par une lecture aiguisée du match. Contre Arsenal, dans un match très disputé, il a été l’un des rares à provoquer et a fini par débloquer la situation. Contre Marseille, il a marqué sur coup franc, résumant son geste avec simplicité : « J’ai fait mes devoirs. » Szoboszlai ne cherche pas l’inspiration constante, mais privilégie la préparation et l’exécution. Lors du match contre le Real Madrid, il a même évolué en tant que latéral droit, dans une équipe dominée, tout en restant l’un des joueurs les plus efficaces et impliqués.
Les vrais reconnaissent les vrais
L’ascension de Szoboszlai coïncide inévitablement avec le déclin de Mohamed Salah. L’Égyptien demeure une légende du club, mais son statut de joueur incontournable a été remis en question. Moins décisif, souvent critiqué, parfois brouillon dans sa communication et transparent lors de certains matchs, notamment à la CAN, Salah n’est plus la seule option. Liverpool a appris à évoluer sans dépendre uniquement de lui. Ce n’est pas un choix idéologique, mais une nécessité. Szoboszlai n’a pas remplacé Salah, il a simplement pris en charge ce qu’il laissait derrière lui : les coups francs, les frappes lointaines, et les responsabilités lorsque le match devient difficile. Là où Liverpool cherchait systématiquement son ailier droit, le jeu s’est diversifié, devenant plus fluide et moins prévisible.
Dans ce nouveau paysage, le Hongrois s’est intégré sans forcer. Même Steven Gerrard a validé son talent. Interrogé sur TNT Sports sur le joueur actuel qui lui ressemblait le plus, l’ancien capitaine a répondu « Szoboszlai », sans hésitation. Le numéro 8, les frappes lointaines, et une approche simple du jeu. Pas besoin de faire des folies pour influencer un match. Et puis, il y a son style. Celui qui ne se mesure pas en statistiques. Szoboszlai joue avec une désinvolture maîtrisée. Il tente sans s’excuser, il allonge le jeu sans prévenir, il frappe quand d’autres choisissent de faire des passes. À Liverpool, le brassard ne définit pas toujours le leader. Parfois, c’est simplement la manière de jouer. Szoboszlai est devenu le nouveau chef d’orchestre des Reds, et il le fait avec panache.
Mamadou Sakho aimait faire des bisous à Laurent Koscielny

