Parfois, une victoire parle plus que des mots. Avec une intensité palpable, Martín Satriano a libéré toute sa frustration en marquant un doublé contre Nantes le week-end dernier, dont un magnifique retourné acrobatique. Ces buts sont d’autant plus précieux qu’ils mettent fin à une série de 17 matchs sans marquer en Ligue 1, une éternité pour un attaquant. Le jeune homme originaire de Montevideo a su faire preuve de résilience et de détermination.
C’est un coéquipier exemplaire qui ne renonce jamais.
Arrivé à Lyon lors des dernières heures du mercato estival, Satriano a une lourde tâche : remplacer Georges Mikautadze, un jeune talent du club qui a connu une saison 2024-2025 exceptionnelle (17 buts et 11 passes décisives toutes compétitions confondues), dont le départ a laissé un vide dans le cœur des supporters. De plus, il revenait d’une grave blessure aux ligaments croisés qui l’avait tenu éloigné des terrains presque toute la saison précédente avec Lens. Bien que son adaptation ait été prometteuse, avec un but et une passe décisive lors de ses quatre premiers matchs, l’ancien attaquant de Brest a ensuite traversé une période difficile. Cela ne l’a pas abattu : « C’est compliqué pour un attaquant de ne pas marquer, mais je n’ai jamais cessé de travailler, a déclaré l’Uruguayen après le match contre Nantes. Les buts apportent de la confiance, mais j’avais déjà celle de l’équipe et du coach. Je n’ai jamais douté, je savais que ça finirait par payer. » C’est sans doute cette force intérieure qui caractérise le joueur formé au Nacional.
Un attaquant au grand cœur
Michel Der Zakarian, ancien entraîneur du Stade brestois, garde un excellent souvenir de lui : « Il rappelle les anciens joueurs par son style, il n’est pas centré sur lui-même. C’est un garçon généreux, toujours à l’écoute, avec un vrai sens du collectif, » se remémore l’ex-coach de Caen. « Les Sud-Américains ont souvent cette combativité, ils ne trichent jamais, même s’ils peuvent parfois être imprécis. Ce sont des guerriers. Martín incarne parfaitement cela. » Son ancien coéquipier Brendan Chardonnet ne peut que confirmer : « C’est un coéquipier modèle qui ne lâche jamais prise, » affirme le capitaine des Ty-Zefs. « Qu’il joue une minute ou 90, il se donne toujours à fond, sans calculer. C’est avec des joueurs comme lui que l’on peut aller loin. »
On ne peut pas avoir de problème avec un joueur comme lui.
Ce qui est souvent critiqué chez l’Uruguayen, c’est son manque de précision devant le but. À 24 ans, il fait partie des joueurs qui se créent le moins d’occasions en Ligue 1, avec seulement 15 buts et 6 passes décisives en carrière professionnelle. C’est peu après cinq saisons au plus haut niveau, mais il est important de noter qu’il a des circonstances atténuantes : « Ce sont des attaquants qui s’investissent tellement pour l’équipe, que ce soit dans la construction du jeu ou en pressant défensivement, qu’ils puisent beaucoup d’énergie là-dedans, ce qui peut affecter leur lucidité devant le but, » explique Chardonnet. En d’autres termes, même s’il n’est pas le plus rapide ou le plus efficace devant les cages, l’avant-centre du club rhodanien est complet et surtout altruiste.

Un joueur discret mais essentiel
Ce trait de caractère reflète également sa personnalité en dehors des terrains, selon Der Zakarian : « C’est un bon gars, il s’entend avec tout le monde, jamais à l’écart, et toujours bienveillant avec un discours positif. On ne peut pas avoir de problème avec un joueur comme ça. » Lorsque Martín a débarqué à 21 ans pour sa première expérience en France, il s’est rapidement intégré : « Il a tout de suite commencé à apprendre le français pour mieux s’intégrer. Ce n’est pas le plus grand blagueur du vestiaire, mais il est très ouvert. Il participait à toutes nos sorties et à la vie du groupe. »
Décrit comme un compétiteur acharné, Satriano n’est peut-être pas l’attaquant le plus flamboyant, mais au-delà de son énergie débordante, il est particulièrement habile de la tête. En période de disette, l’Uruguayen ne montre rien et se concentre sur le travail, au point de se faire installer une salle de musculation chez lui.
À l’issue du match contre Nantes, le capitaine des Gones, Corentin Tolisso, a eu des mots élogieux pour son coéquipier : « Franchement, Martín est un garçon qui travaille énormément. C’est mérité aujourd’hui, car avec tout ce qu’il fait au quotidien, il est récompensé. Il n’a jamais abandonné et a toujours eu notre soutien, donc aujourd’hui, cela va lui donner un coup de boost. Nous aurons besoin de lui jusqu’à la fin de la saison. » Sachant que l’OL doit lever son option d’achat s’il maintient son statut professionnel la saison prochaine (c’est une vraie clause), les supporters lyonnais pourront continuer à profiter de sa grinta contagieuse tout en espérant une amélioration de son rendement.
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