En quête d’un premier titre à la CAN depuis 2013, le Nigeria, qui avait atteint la finale lors de la dernière édition contre la Côte d’Ivoire, aborde la campagne 2025 avec l’ambition de décrocher le titre. Après une phase de groupes parfaitement maîtrisée, avec trois victoires et huit buts inscrits, les Super Eagles ont facilement dominé le Mozambique (4-0). Cette rencontre a mis en lumière la forme éclatante de leur attaque : Victor Osimhen a marqué un but, Akor Adams en a ajouté un autre, et Ademola Lookman a réalisé un doublé tout en délivrant deux passes décisives. Le sélectionneur Éric Chelle avait prédit en conférence de presse que « ceux qui ne seraient pas concentrés pourraient en payer le prix fort. »
Cependant, derrière cette performance éclatante, des tensions sont apparues. Un incident a éclipsé la victoire contre le Mozambique : Osimhen a eu une altercation avec Lookman, lui reprochant un manque de coopération sur le terrain. Cette dispute a conduit Chelle à remplacer Osimhen par Moses Simon quelques minutes plus tard. En zone mixte, le coach a déclaré que l’incident « restera au sein du groupe. Je n’ai pas besoin de vous expliquer ce qui s’est passé ni ce qui va se passer. » Lookman a minimisé l’importance de leur conflit, affirmant que « Vic » demeure l’« atout numéro un » du Nigeria, ajoutant : « C’est un excellent attaquant, tout le monde le sait. »
Des enjeux financiers préoccupants
Bien que l’incident ait été rapidement étouffé en public, une nouvelle controverse a émergé concernant le non-paiement des primes promises aux Super Eagles par la fédération nigériane. D’après le site Africa Top Sports, les sommes en jeu sont significatives : chaque joueur est censé recevoir 30 000 dollars pour avoir terminé la phase de groupes sans défaite, ainsi que 12 500 dollars supplémentaires pour leur qualification en quarts de finale. Le problème réside dans le fait qu’aucun joueur n’a encore reçu ces paiements, ce qui a conduit à des menaces de grève avant le match contre l’Algérie. Pour apaiser les tensions, le capitaine Wilfred Ndidi a proposé de couvrir les primes de sa propre poche, déclarant : « J’ai encouragé l’équipe à s’entraîner et à jouer contre l’Algérie, et je suis prêt à payer les primes si la direction ne le fait pas d’ici samedi. »
Cette situation, loin d’être idéale pour préparer un quart de finale contre un adversaire redoutable, a suscité des réactions, notamment de l’ancien gardien camerounais Joseph-Antoine Bell. En tant que consultant sur RFI, il a souligné que « les joueurs sont le doigt qui nous montre la lune. Si les joueurs se plaignent, il faut s’interroger sur l’incompétence de ceux qui les encadrent. » Il a même suggéré que les joueurs pourraient prendre en main la gestion de l’équipe si aucune solution n’était trouvée. La démocratie corinthienne à la mode d’Abuja ? Pourquoi pas. Quoi qu’il en soit, le Nigeria doit mettre de côté ses querelles internes et ses préoccupations financières s’il souhaite éviter de se faire surprendre sur le terrain. En fin de compte, c’est à la fin du bal que l’on paie les musiciens, et en cas de victoire finale, les Super Eagles pourraient toucher un total de 112 500 dollars par joueur. À ce moment-là, il sera crucial de ne pas oublier de récompenser ceux qui les ont soutenus depuis le début du tournoi.
Mbappé et Zidane sous le même maillot ?

